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Les femmes en lutte au sein du peuple arménien sont nombreuses. Shushanik Kurghinian était l'une d'entre elles. Ses armes furent les mots. En 1907 déjà, elle écrivait son désir d'émancipation et parlait de son éveil en tant que femme et en tant qu'arménienne. Poétesse engagée dans le combat politique, elle contribua au développement des idées socialistes, révolutionnaires et d'émancipation des femmes. Elle fut la fondatrice du premier groupe de femmes du parti Hentchakian à Gyumri.

Aujourd'hui encore, en Arménie et en diaspora, des femmes arméniennes sont en lutte pour plus d'égalité, de droits, de liberté et de justice.

Shushanik Kurghinian remplace Charles Richet, physiologiste qui a publié des écrits ouvertements racistes et particulièrement négrophobes, théorisant la prétendue "supériorité" des hommes blancs sur les noirs.

Roubina Arechian-Ohandjanian est née à Tiflis en 1881, dans une famille arménienne russifiée. Elle quitte son foyer et devient institutrice à Bakou au début des années 1900. Elle y découvre la lutte arménienne au contact du Dachnaktsoutioun et devient rapidement une des responsables de la resistance armée dans le Caucase, alors qu'en 1905 ont lieu la révolution bolchévique et la guerre arméno-tatare. Sous le nom de Roubina, elle voyage à travers l'Europe avec Christapor Mikaelian. Tous deux préparent un attentat contre le Sultan Abdul Hamid II, responsable du massacre de plus de 200 000 Arméniens Ottomans. Alors que Christapor Mikaelian meurt en Bulgarie en manipulant les explosifs, c'est Roubina qui reprend la logistique et met en œuvre l'attentat, le 21 juin 1905, auquel le sultan survit. Elle continue par la suite la lutte, se marie avec un Arménien condamné au bagne en Sibérie, Hamo Ohandjanian, qui deviendra Premier Ministre de la République d'Arménie (1918-1920). Après la soviétisation de l'Arménie, Roubina et son mari partent vivre en Egypte puis au Canada où elle meurt en 1971.

De nombreuses femmes ont pris part à la résistance arménienne contre le projet génocidaire de l’Empire Ottoman et en faveur de la libération de l'Arménie. S’il est difficile de trouver des images et récits qui racontent leurs histoires, nous leur rendons hommage à travers la figure de Roubina Ohandjanian.

Roubina Ohandjanian remplace Henri Rochefort, polémiste antisémite et antidreyfusard.

Nubar Ozanyan est un Arménien de Turquie né en 1956 à Yozgat, dans une famille pauvre. Lors du coup d'Etat de 1980, qui a vu une association entre le pouvoir militaire et les groupes fascistes turcs, Nubar Ozanyan se réfugie en France. À la fin de la décennie 80, il s'engage dans la guérilla communiste du TKP/ML-TiKKO, premier groupe politique à avoir dénoncé la politique turque vis-à-vis des Arméniens et des minorités en général. Nubar Ozanyan participe également à la première intifada en Palestine aux côtés du Front Populaire de Libération de la Palestine. Il rejoint ensuite ses camarades de l'ASALA lors de la guerre du Haut-Karabakh. Il combattera aux côtés des Arméniens d'Artsakh, contre l'armée azerbaidjanaise, avant de retourner en Turquie dans la province du Dersim.

Nubar Ozanyan est tué en 2017 lors de la reconquête de Raqqa en Syrie alors qu'il combattait avec les YPG kurdes et les groupes Alévis contre Daesh. Militant politique proche des jeunes, instructeur militaire, Nubar Ozanyan est un combattant internationaliste qui s'est battu pour la libération des peuples.

Charjoum a voulu rendre hommage à Nubar Ozanyan qui incarne la solidarité des peuples contre le fascisme.

Nubar Ozanyan remplace symboliquement Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif qui a ordonné la répression par le sang des révoltes ouvrières des Canuts à Lyon ainsi que de la "Commune de Paris".ç

Chavarch Missakian est un journaliste arménien qui fut menbre du parti Tachnagtsoutioun. Il milite dans un premier temps dans l'empire ottoman, notamment en écrivant dans le journal du parti Azadamard. Pour son engagement politique, il est arrêté à Istanbul durant le génocide des Arméniens et torturé. À la fin de la guerre, il est libéré mais doit fuir les armées kémalistes en 1922 et se réfugie à Paris en 1924. L'année suivante, il y fonde le journal Haratch, qui devient rapidement un foyer de la culture littéraire et artistique de la communauté arménienne de France, dans l'entre deux guerre et dans l'après Seconde Guerre mondiale. De nombreux Arméniens réfugiés en France après le génocide, privés durant des décennies de la pratique de leur langue dans certaines régions de l'empire ottoman, ont pu apprendre leur langue grace à ce journal.

Chavarch Missakian remplace la rue Claude Farrère, écrivain français, membre de l'Académie française, personnalité d'extrême droite et ouvertement raciste envers les Arméniens. Il tenait par exemple les propos suivants :
"Les Arméniens sont, en effet, les véritables Juifs de l'Orient - je prends le mot Juifs dans son plus mauvais sens et j'en fais mes excuses aux très nombreux Israélites que je connais pour n'être pas plus juifs que moi-même. Les Arméniens sont des Juifs tellement juifs - tellement rapaces, tellement vautours et vampires - que les vrais Israélites, écrasés par la concurrence arménienne, meurent littéralement de faim en Turquie. (...)Ruiné, affamé, désespéré, le Turc alors a parfois pris son bâton pour raison ultime. Je ne l'en glorifie point. Mais je l'excuse."

A l’occasion des commémorations du 103ème anniversaire du génocide des Arméniens, Charjoum réaffirme sa volonté de célébrer celles et ceux qui incarnent la résistance contre les desseins idéologiques et génocidaires de l’Etat turc.

Pour la deuxième année consécutive, le mouvement Charjoum a rebaptisé des rues de Paris par les noms de femmes et d’hommes, Arméniens ou non, qui se sont illustrés par leur courage et leur soutien actif à la lutte du peuple arménien.

Cette lutte ne saurait s’inscrire dans une démarche exclusivement mémorielle si elle aspire à être légitime. A l’exemple des noms de personnalités qui s’affichent désormais temporairement dans Paris, la lutte arménienne doit être menée de manière combattive, avec détermination et solidité, en s’affranchissant de l’inertie à laquelle conduisent les incantations victimaires.

Ce combat ne sera efficace qu’à condition d’être rallié par tous ceux qui, au-delà du cercle arménien, y trouveront l’assouvissement d’un désir de justice générale. La lutte pour le peuple arménien ne saurait être exclusive de celles des autres luttes d’émancipation. Pour cette raison, les noms de nos combattants viennent remplacer les noms de personnages connus pour leur racisme, leur soutien au colonialisme ou leur participation à l’oppression des peuples.

Vive le peuple arménien en lutte !