Depuis plusieurs mois, Charjoum a lancé une campagne dont l’objectif est d’aider les familles des Sasna Tsrer, malheureusement nécessiteuses pour la plupart.

Au cours du mois d’août, des militants de Charjoum ont pu rencontrer des membres de ces familles et échanger avec eux. Cela nous a permis de les connaitre davantage et de distribuer la totalité des dons recueillis, proportionnellement au nombre d’enfants, au vue de la rentrée scolaire et du prix élevé des fournitures en Arménie. Ces familles, très touchées, ont exprimé leur reconnaissance pour cette générosité qui a permis à leurs enfants d’effectuer leur rentrée dans de meilleures conditions.

Nous avons pu aussi apprendre que l’état de santé des Sasna Tsrer, toujours emprisonnés, s’est largement détérioré. L’Etat arménien ne fournissant pas de soins aux prisonniers, ce sont les familles qui doivent les prendre en charge. A cet effet, elles sont à la recherche de médicaments qu’on ne peut trouver en Arménie ou qui sont très chers. Cependant, ils sont absolument nécessaires au membre de leur famille emprisonné, blessé.

Charjoum reste mobilisé et continue d’apporter son soutien et son aide à ces familles.

Ainsi la collecte de fond est toujours en cours. Il est donc encore possible d’effectuer un don en cliquant sur le lien ci-dessous.

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Merci pour votre soutien.

La famille d'Armen Lampalian est la première à avoir bénéficié de vos dons. Cette famille de trois enfants s'était vue couper en février dernier, sa principale source de revenu, la pension militaire d'Armen. En prison depuis fin Juillet, ce combattant du karabagh n'a, en effet, pas été autorisé à signer les papiers qui auraient permis la reconduction de la pension arrivée à échéance et ainsi éviter que cette famille ne soit placée en situation de grande détresse.
La mère de famille doit parvenir à jongler entre les besoins de ses trois enfants et ceux de son mari incarcéré. Elle doit notamment faire parvenir à celui-ci de la nourriture et les médicaments dont il ne peut se passer. Effectivement l'Etat arménien ne prend pas en charge les soins des prisonniers.
La famille Lampalian vous remercie de votre générosité.
La collecte de fond est toujours en cours, il reste d'autres familles à aider.
Pour participer merci de cliquer sur ce lien :

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 Ce portrait d'Armen Lampalian à été réalisé par Vatche Demirdjian de l'association Diaspo'arts

 

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Le 17 juillet 2016, un groupe armé de 31 vétérans des guerres du Karabakh investit par la force la caserne de police du quartier Erebouni à Erevan. Ils se font connaître sous le nom des ‘Sasna Tsrer’, les Fous de Sassoun ou littéralement les Enragés de Sassoun, du nom de l’épopée du Haut Moyen Age dont la geste est connue de chaque Arménien comme une page héroïque dans la résistance contre les empires et l’impossible soumission de son peuple.

Les revendications du commando sont la libération d’un leader politique emprisonné, Jirair Sefilian, membre du mouvement d’opposition ‘Parlement Fondateur’ et la démission du président Arménien Serj Sarkissian, accusé de conduire le pays à la ruine avec l’appui de l’oligarchie et d’avoir failli dans la défense de l’enclave du Haut-Karabakh au cours de la guerre de 4 jours du 2 avril 2016 qui fera cent morts dans les rangs arméniens et ouvrira une saignée par la perte de territoires à Talich.

Au terme d’une opération de douze jours, le commando, qui compte plusieurs blessés, rendra les armes. Dans l’espace de ces douze jours, la population d’Erevan aura montré une mobilisation chaque jour plus ferme en soutien aux revendications du commando et plaidant pour une issue pacifique à l’opération qui aura fait trois morts dans les rangs de la police et de nombreux blessés parmi les manifestants au cours de la répression policière qui s’ensuit. Un homme s’immolera par le feu dans le quartier de Sari Dagh.

A ce jour, les 31 membres du commando sont emprisonnés au secret. Au total, 77 personnes sont poursuivies pour soutien au groupe armé.

« Ils croient bien se jouer de moi

en prenant du bon temps

mais qu’ils le sachent bien

de noce il n’y aura pas »

C’est le refrain qu’Aram garde aux lèvres toute la journée du 16 juillet. Il est tiré de l’air de Stambouli, dans l’opérette populaire ‘Leblebi Chor Chor Agha’ du compositeur Tigran Tchoukhadjian jouée à Istanbul en 1875. Stambouli a refusé la main de sa fille à un riche prétendant, il entend rester maître de son destin.

Aram le chante encore avec bonne humeur quand sa mère et sa sœur quittent l’appartement familial d’Erevan pour se rendre au village. C’est là qu’elles ouvriront les nouvelles le lendemain matin : Pavlik Manoukian et son fils Aram font la une des nouvelles. Sur les premières images, elles reconnaissent Sergo puis d’autres familiers. A 7h30, avec un groupe de proches, ils ont pris d’assaut la caserne de police du quartier Erebouni d’Erevan et expriment des revendications politiques. Ce 17 juillet, leur vie change de nouveau de cours.

Armenag Kyureghian et sa femme Nevart ont trois fils. Hayk, Areg et Serguei, tous trois en prison.

Le 17 juillet, le téléphone a réveillé Armenag. C’est la voix d’Areg.

– Baba, nous avons pris le Kount.

– … Quel Kount, mon fils ?

– Le Hadouk Kount, celui d’Erebouni. On l’a pris… Le monde ne s’arrêtera pas de tourner, ne t’en fais pas.  

Ce monde qui ne s’arrêtera pas de tourner, c’est la certitude qu’Areg est prêt à sacrifier sa vie. La prise de la caserne Erebouni est une opération suicide. Armenag se précipite sur place. Il est aussitôt arrêté. Menotté, conduit au poste pour 24 heures. Puis il croisera sa femme Nevart dans les couloirs du commissariat où les interpellés se cognent les uns aux autres, sans recevoir ni eau, ni nourriture, les mains menottées dans le dos.

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