Hrant Kasparyan, journaliste et membre de la Ligue turque des droits de l'Homme, a dû s'exiler de Turquie suite à la tentative de coup d'Etat et à la répression qui a suivi. Il est actuellement en Allemagne dans un centre pour réfugié où il est en danger.

Le régime de Recep Erdogan a, depuis les événements de 2016, accentué la répression contre les minorités du pays et les militants des droits humains. Le président Erdogan et le parti islamiste dont il est issu (l'AKP) concentrent tous les pouvoirs politiques du pays. La doctrine de l'Etat turc, teintée de nationalisme et d'idéologies religieuses totalitaires, est imposée au peuple par la violence. La Turquie vit en effet une vague de répression sans précédent contre les militants, les journalistes et même plus récemment contre les bibliothèques qui proposeraient des ouvrages jugés subversifs par le régime. En effet, c'est plus de 140 000 livres qui sont à actuellement retirés de la circulation pour être détruits.

En tant que militant arménien de Turquie, activiste LGBTI, en faveur des droits des Kurdes et plus généralement des droits humains, Hrant Kasparyan figurait parmi les personnes menacées par ce regain de répression. Il a donc quitté la Turquie pour se réfugier en Allemagne où il a fait une demande d'asile politique.

Dans l'attente de voir sa situation régularisée, les autorités allemandes ont interné Hrant Kasparyan dans un centre pour réfugié. En plus des conditions d'internement exécrables, il doit partager son quotidien avec des groupes d'hommes partageant les idéologies religieuses fanatiques qui ont fortement contribué à sa fuite de Turquie.

Le psychologue du centre, constatant la situation dramatique qui vit Hrant Kasparyan, ainsi que les pressions qu'il subit quotidiennement, a requis son placement dans un lieu plus sûr. Mais les autorités allemandes n'ont pas réagi à l'heure où Charjoum et d'autres voix expriment leur vive inquiétude.

Cet ancien collaborateur du quotidien pro-kurde Özgur Gundem, du quotidien Taraf (fermé en raison de liens supposés avec la confrérie Gulen), du site Demokratik Haber et d'Agos, l’hebdomadaire arménien d'Istanbul, doit être mis en sécurité et obtenir le statut de réfugié sans délais.

Un mois après l'audience du 17 octobre 2017, le tribunal de Nanterre vient de rendre son jugement dans l'affaire concernant nos camarades. Tad et Tro étaient accusés d'avoir commis une agression sur la personne de l'ambassadeur de Turquie en France. Tad est condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et Tro à une peine d'un mois, également assortie du sursis. Les avocats ont obtenu qu'aucune mention ne soit inscrite dans les casiers judiciaires des deux étudiants.

Les deux militants restent donc libres. Ils n'ont jamais flanché devant cet harcèlement judiciaire qui a duré plus de 2 ans. A certains moments ils se sont sentis ignorés voire boycottés, mais ils ont su garder la tête froide et ont toujours refusé de demander pardon à l'ambassadeur de Turquie.

Charjoum remercie toutes les personnes qui se sont mobilisées massivement le jour du procès et salue l'aide humaine, financière et matérielle qui s'est mise en place autour de ces deux jeunes. C'est cette solidarité qui a permis de mener la lutte collectivement.

Il convient également de remercier chaleureusement maître Martin Pradel, l'avocat de Tad et Tro, qui fut à leurs côtés tout au long de cette bataille, ainsi que les quelques avocats arméniens qui ont eu le courage de venir soutenir les deux militants avec force et détermination.

Les suites envisagées pour cette affaire seront communiquées prochainement.

Le mouvement Charjoum adresse ses pensées solidaires à tous les prisonniers politiques et particulièrement à ceux d'Arménie et de Turquie, qui se battent chaque jour, dans des conditions bien plus périlleuses, pour qu'un monde meilleur soit possible.

Beaucoup d'encre coule désormais sur le référendum présidentiel en Turquie. La réforme constitutionnelle que veut mettre en place le Président turc Recep Tayyip Erdogan lui permettrait d'obtenir des pouvoirs qui sont traditionnellement réservés au Premier Ministre, poste qu'il ne peut plus exercer car déjà effectué jusqu'à la limite maximum. Une campagne est mise en place, loin d'être gagnée d'avance pour un camp comme pour l'autre. Des représentants du gouvernement turc ont cherché à faire des meetings dans plusieurs pays d'Europe, où l'autorisation leur a été refusée, voire l'entrée même sur le territoire : Autriche, Allemagne, Pays Bas... Ces différents refus ont amené à un pic de tension entre la Turquie d'Erdogan et l'Europe. Les refus répétés ont d'ailleurs « radicalisés » certains turcs qui ne savaient que voter, et qui disent désormais qu'ils voteront en soutien à leur Président, pour protester contre l'Europe.

La situation présente un enjeu important dans la relation de la Turquie à l'Europe. L'AKP fait de très bons scores dans les communautés émigrées, d'où la volonté de faire des meetings en Europe. La France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays Bas, l'Autriche accueillent d'importantes communautés turques, qui sont autant de voix à conquérir. Les affrontements entre factions politiques et entre Turcs et Kurdes se multiplient en Europe, via des manifestations, des intimidations (par exemple sur les journalistes du media Zaman en Belgique), une surveillance accrue (avec l'exemple de l'université de Zurich) et récemment par des actes de violence à Bruxelles devant l'ambassade de Turquie en Belgique. C'est donc un réel enjeu de sécurité pour l'Europe.

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Les citoyens turcs vivant en Europe devront voter dans des lieux pro-Erdogan, quand la démocratie n'est en réalité qu'une mascarade.

Le 16 avril, les citoyens turcs vivant en Europe sont appelés à voter au référendum constitutionnel qui vise à renforcer les pouvoirs du président Erdogan.

Mais, les lieux habituels de vote ont été changés. Les votants devront se déplacer dans des lieux appartenant au Diyanet (ministère turc du culte musulman) et à son officine européenne, la DITIB.

La DITIB (Diyanet Işleri Türk-Islam Birliği- Union des Affaires Culturelles Turco-Islamiques) est un organisme public de l'Etat turc, rattaché au Diyanet. Créé dans les années 1980, il a pour objectif d'organiser les communautés turques vivant en Europe et de conserver une emprise étatique sur elles, par le biais de la religion. La DITIB est donc en charge de la gestion des mosquées turques en Europe, de lieux culturels et d'écoles turques.

La DITIB est en pleine expansion ces dernières années et multiplie les constructions de centre religieux. Elle a ainsi construit un immense complexe à Décines (69), pour les turcs de la Région Rhône-Alpes et s'attelle à la création d'une faculté islamique à Strasbourg.

A noter que le Diyanet et la DITIB organisaient les manifestations anti arméniennes qui se sont déroulées à Paris en 2011 et 2012.

Collecte de don pour venir en aide au famille des Sasna Tzerer

ARTUR SARGSYAN, « LE PORTEUR DE PAIN », EST MORT LE POUVOIR EN PLACE EN REPUBLIQUE D’ARMENIE EN EST DIRECTEMENT RESPONSABLE LES INSTITUTIONS REPRESENTATIVES AUTOPROCLAMEES DE LA DIASPORA EN SONT INDIRECTEMENT RESPONSABLES PAR LEUR SILENCE

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Ainsi, « le porteur de pain » (« hats perogh »), est décédé jeudi 16 mars 2017 à 15h (heure de Yerevan). Cet homme avait bravé au péril de sa vie les barrages de police le 26 juillet 2016 pour aller porter des vivres aux insurgés (« Sasna Tsrer ») qui avaient pris d’assaut et tenu le siège d’une caserne de police en plein centre de Yerevan du 17 au 31 juillet.

Artur Sargsyan avait décidé de rester auprès des membres du commando, jusqu’à leur reddition le 31 juillet. Emprisonné à cette date puis inculpé à son tour de participation à l’opération armée, il avait été libéré le 30 décembre 2016, suite à une intervention de ses avocats auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. La Cour, alarmée par son état de santé, l’avait jugé incompatible avec sa détention.

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