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Mardi 17 octobre fut le jour du procès de deux jeunes militants, Tad et Tro. Le premier a jeté de l'eau rouge sur l'ambassadeur de Turquie lors d'une conférence sur la laïcité le 2 mars 2015, quelques semaines avant la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens. Le second a filmé la scène et l'a diffusée sur les réseaux sociaux. L'ambassadeur de Turquie a alors porté plainte et les deux jeunes militants se trouvent sur le banc des accusés en ce mardi 17 octobre 2017.

Peu m'importe de vous raconter le détail juridique de l'affaire, d'autant que nous sommes dans l'attente du délibéré. C'est plutôt un ressenti général que je vais vous exposer. La salle est petite mais pleine, certains n'ont pas pu rentrer. Que des soutiens aux deux militants. L'ambassadeur de Turquie n'est pas présent, seul son avocat le représente. La séance commence par un rappel des faits et quelques questions-réponses, puis suivent les plaidoiries. L'avocat représentant la partie adverse multiplie alors les propos choquants, blessants, voir indignes. Bien sûr, pour lui il ne s'agit que de business. Mais pour la communauté arménienne de France, pour le peuple arménien à travers le monde, ses propos reflètent la violence symbolique dont nous sommes victimes de la part de l'Etat turc.

Tout d'abord la stratégie minimisant les souffrances arméniennes en expliquant que d'autres peuples ont souffert dans l'histoire. Ainsi, les Arméniens ne seraient pas légitimes à protester contre l'Etat turc et leur accusation de génocide serait due à leur vision « mortifère de l'histoire ». Un discours que tiennent en permanence les négationnistes.

 

Nous sommes quelques membres de charjoum à être partis en Arménie cet été. Le 12 août, nous décidons d'une virée touristique à Amberd, et à l'observatoire de Puyrakan. Après avoir visité ce qui fut un des fleurons de l'astrophysique mondiale, devenu un pâle souvenir aujourd'hui, nous sautons dans les taxis pour rejoindre la capitale où nous attendent d'autres camarades.
Assis à l'avant, j'observe ces paysages magnifiques, et les campements de Yezidi ayant rejoint les alpages du mont Aragats pour l'été. Et puis, Pakrad, le chauffeur du taxi se met à parler.

Pakrad a la soixantaine, une belle moustache, un taxi au gaz qu'il paie à crédit depuis 6 ans, et des problèmes de cœur. Chose assez rare pour être soulignée, il me parle sans langue de bois, sans peur ni retenue. Il me raconte sa vie, son pays, et ses guerres. Sa vie d'abord : Pakrad est né sous le régime soviétique, a pu faire de bonnes études de sciences à l'université et a pu travailler dans son domaine jusqu'à la fin de l'URSS. Puis il me raconte la guerre du Karabagh, s'indigne de chaque kilomètre carré récupéré par les Azéris. Il me dit que pendant que certains volaient les dons du peuple d'Armenie et de diaspora, eux, au front, n'avaient ni pétrole pour les tanks, ni munitions pour leurs fusils.